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Il a animé une conférence de presse hier

Belmadi : «Il faut se réinventer»

Le sélectionneur national, Djamel Belmadi, a entamé sa deuxième aventure avec les Verts, en animant une conférence de presse hier au Centre technique de Sidi Moussa. Il a parlé, d’emblée, des nouveaux joueurs de la sélection, au nombre de sept. «Ils étaient suivis depuis le début. Nous avons pensé que le moment est opportun pour les ramener en équipe nationale. La situation est plus propice aujourd’hui pour injecter du sang neuf», a souligné le patron des Verts.

 

 

 

«S’ils sont là, c’est qu’ils ont du potentiel», a assuré le coach. Il a indiqué que les nouveaux ont mérité d’être là et ce sera l’occasion de les observer. «Le plus dur reste à faire, ils vont être soumis à une rude concurrence et il va falloir se démarquer, prouver qu’ils peuvent avoir un rôle important au sein de ce groupe», a-t-il ajouté. A propos des éléments non retenus, et on pourrait citer Bounedjah, Benlamri, Feghouli… entre autres, Belmadi assure que les portes de la sélection ne leur seront jamais fermées. «Pour les joueurs qui ne sont pas avec nous aujourd’hui, je peux vous dire que rien n’est définitif. Tant qu’on est compétitif et que j’estime qu’un joueur peut aider l’équipe nationale, on reste sélectionnable. Sauf si un joueur déclare lui-même qu’il prend sa retraite internationale». Clair, net et précis. A la lecture des propos de Belmadi, on comprend que ce dernier veut effectuer un lifting au sein de l’effectif, qui commence à prendre de l’âge. «Nous avons des joueurs d’un certain âge où l’on peut estimer que c’est la fin pour eux. Pour ceux-là, nous allons donner une sortie honorable, eux qui ont apporté beaucoup à la sélection nationale», a-t-il fait savoir, allusion faite, certainement à Benlamri, Tahrat, Feghouli, Guedioura… Belmadi a indiqué qu’il ne pouvait pas rester insensible aux messages de soutien qu’il avait reçus. «Cela a motivé ma décision de rester et ont confirmé la confiance placée en ma personne, en mon staff. C’est la principale raison pour laquelle je suis là aujourd’hui», a-t-il souligné, avant d’ajouter : «Si j’avais estimé qu’il y avait le moindre doute, je ne serais pas là. Nous sommes passés par beaucoup de décisions qui allaient d’un sens à l’autre. Il faut avoir des convictions, des certitudes et, surtout, de l’envie. Le métier n’est pas facile. Représenter une sélection nationale est toujours une grosse responsabilité, encore plus quand il s’agit de celle de son pays. Il faut répondre à l’attente, à l’estime du peuple, puis nous devons effectuer un travail plus technique, savoir ce que l’on doit faire, ce que l’on peut apporter. De nouvelles idées naissent, sans tout remettre en question, mais se réinventer.» Belmadi a de l’ambition et assure qu’il faudra se relever pour espérer peser sur ce continent et jouer les premiers rôles.

«Mahrez, tant qu’il est blessé, il peut aller là où il veut»

La question la plus attendue est celle qui concerne l’absence de Mahrez. A ce sujet, Belmadi a défendu son capitaine, qui se trouve en vacances à Marrakech. «Est-ce un sujet important pour vous ? Pour moi, ce n’est pas une affaire. L’époque veut ça, on cherche du mauvais buzz. La cause de l’absence de Mahrez a été donnée en gros. On a reçu un rapport médical de Manchester City, avec un secret médical qu’il faut respecter. Mahrez n’a pas joué les deux matches après celui face au Real. Il avait serré les dents en raison de l’importance des dernières rencontres. C’était un peu comme Ibrahimovic qui se faisait piquer le genou. Maintenant, peut-être que si nous jouions une finale de CAN, il aurait serré les dents. Je n’ai jamais forcé un joueur à le faire. On a souvent eu des éléments qui se sentaient mal, Riyad inclus, ce qui peut expliquer bien des performances à l’extérieur, mais je leur ai toujours laissé le choix. Riyad est peut-être le joueur avec lequel je suis le plus exigeant, peut-être celui avec lequel je serre le plus la vis. Il a été excellent en équipe nationale, capital sur certains matches et moins bien sur d’autres. S’il est blessé, il va là où il veut en vacances (…). Il voulait nous faire constater sa blessure, mais j’ai refusé. Je n’ai jamais demandé à un joueur de venir pour qu’on vérifie sa santé. Il y a un lien de confiance qu’il faut respecter», a fait savoir le coach.

«Utiliser ma colère pour repartir»

«L'Ouganda est une équipe accrocheuse. Elle a battu le Kenya et accroché le Mali. C'est une équipe qui encaisse très peu et est très difficile à manœuvrer. Il n'y a plus de petites équipes en Afrique. Nous avions, nous-mêmes, fait les frais à la CAN. Même le Sénégal gagnait ses matchs 1 à 0 ou bien faisait des nuls. Il y a beaucoup de colère en moi, mais elle va être utilisée pour repartir. Je n'ai pas du tout aimé la manière dont ce dernier match s'est passé, notamment la fin. Les joueurs et moi-même garderons toute notre vie cette douleur. On était invaincus pendant 4 ans, on a été proches d'un record mondial. Et puis, on a gagné un trophée, chose nouvelle, à part en 1990».

«On méritait d’aller au Mondial»

Belmadi a indiqué qu’à son arrivée en 2018, c'était le chaos et il a fallu créer un groupe sain et changer certains joueurs. «J'estime qu'on méritait de se qualifier en Coupe du monde. Sur les deux matches, le Cameroun a eu deux occasions : un coup franc vicieux de Toko-Ekambi à l'aller et ce but. Hormis le Maroc qu’on n’a pas affronté, nous avons battu les équipes qualifiées à la Coupe du monde. On a vaincu le Nigéria deux fois, le Mali deux fois, le Cameroun une fois et demi, le Ghana aussi. On a battu toutes les grandes équipes qu'on a jouées. Je garde toujours de l’amertume dans l’action qui avait précédé le 2e but du Cameroun. Je ne comprends toujours pas que faisaient Benayada, Touba et Bedrane quand il y a eu ce petit regroupement après la faute de Bendebka avant le but ? Benayada a eu le mérite, pendant 1h30, de mettre Toko-Ekambi dans sa poche. Il a fallu qu'il aille dans cet attroupement pour sortir de sa concentration. Si vous regardez le but, il était à 2 m de l'alignement», a-t-il indiqué.

«Je n’ai aucun problème personnel avec Delort»

A propos d’Andy Delort, Belmadi a annoncé son prochain retour. «Slimani n'a pas joué depuis longtemps ? Sortez-moi un attaquant algérien disponible maintenant. Delort ? Je l'attendais cette question (rires). Ça va s'arranger», a-t-il dit, une manière de confirmer que les choses rentreront dans l’ordre avec le temps. «Je n'ai rien de personnel avec Andy. C'est un joueur sans problème, mais ses prises de position ont été une bombe dans le vestiaire. Une petite confidence : il y a eu une discussion depuis et de nouveaux éléments sont apparus», a-t-il assuré.

«Jouer au 5-Juillet ne pose aucun problème»

A propos de la nouvelle domiciliation des Verts, Belmadi estime que cela ne risque pas de poser problème. «Nous allons jouer au 5-Juillet avec plaisir. Certes, les joueurs étaient à l'aise à Tchaker, mais je pense que la pelouse du 5-Juillet est en bon état. On aimerait bien voir le stade rempli. J'ai envie de voir tout le monde sur ces trois matches. Peut-être qu’il y aura des joueurs libérés après le 2e match car ils sortent d'une saison lourde et longue. Cet été sera important pour nos joueurs, qui devront prendre les bonnes décisions pour être plus compétitifs l'année prochaine. On est très contents que Mahrez et Bennacer remportent le championnat», a-t-il fait savoir.

W. D.

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