Samedi, 02 Avril 2022 03:53
Echec à la CAN et élimination du Mondial 2022
Charaf Eddine Amara, 11 mois et puis s’en va
Le président de la Fédération algérienne de football, Charaf-Eddine Amara, a remis officiellement jeudi sa démission au Bureau fédéral, convoqué pour une réunion extraordinaire au siège de la fédération à Dely Ibrahim. Les membres du Bureau fédéral ont pris acte de la décision du président de la FAF.
Conformément aux statuts de la FAF et au décret exécutif 14-330, les membres du BF ont désigné Mohamed Maouche vice-président de la FAF, pour assurer l’intérim jusqu’à la tenue d’une AGO (assemblée générale ordinaire), ensuite une AGE (assemblée générale élective) qui ne saurait dépasser statutairement les 60 jours. Par ailleurs, une nouvelle réunion du BF sera programmée pour le 11 avril avec à l’ordre du jour la préparation et l’organisation de l’AGE. Lors de la conférence de presse tenue par le désormais ex-président de la fédération, Charaf Eddine Amara, juste après la réunion du BF, il a confirmé son retrait devant les médias présents. «Aujourd'hui, je confirme me retirer", estimant que l'élimination de l'équipe nationale "ne doit pas être perçue comme un drame national, même s’il s'agit d'une déception populaire". Le patron du groupe Madar a dénoncé certains comportements qui ne devaient pas avoir lieu. «Mon téléphone brûle parce que des malintentionnés ont mis mon numéro sur les réseaux sociaux. Je n’exagère pas, je reçois 1000 insultes par minute. Vous imaginez dans quel délire nous sommes ? Il faut qu’on change. (…) Le football ne devrait pas être une affaire de sécurité nationale. (…) J’accepte d’en faire les frais pour qu’on en finisse avec cet état d’esprit. La décision la plus importante aujourd’hui, c’est que je m’en vais et le Bureau fédéral aussi», a fait savoir Charaf Eddine, avant d’enchaîner : «A chaque fois qu’il y a une crise comme celle-là, elle permet de s’améliorer, de se réformer. C’est l’occasion où jamais. Regardez la France qui s’est faite éliminer en 1994, elle a fait une mutation et a gagné le Mondial suivant. Je le souhaite du fond du cœur.» Pour rappel, Amara avait succédé à Kheïreddine Zetchi, il y a onze mois, en avril 2021. Il faut dire que le départ de Charaf Eddine était prévisible par rapport à l’élimination des Verts en Coupe du monde 2022 et ensuite par rapport à ses relations froides avec le sélectionneur national, Djamel Belmadi. Ce dernier n’a pas caché ouvertement cela dans plusieurs de ses interventions devant les gens de la presse. Pour plusieurs observateurs, Amara n’a pas tenu ses promesses concernant la réforme des statuts de la FAF, un chantier qui est resté encore sans lendemain.
Sa succession est ouverte
Zefizef, un nom qui revient
Concernant la succession de Charaf Eddine Amara, on ne sait pas encore qui va le remplacer, mais depuis hier, le nom de l’actuel manager général des Verts, à savoir Djahid Zefizef, est fortement pressenti à la tête de la FAF. L’ex-membre du BF au temps de Raouraoua et Zetchi serait bien placé pour remplacer le PDG du groupe Madar mais il n’y a rien d’officiel pour le moment. Les choses devraient commencer à bouger à partir de cette semaine.
Classement Fifa
L’Algérie à la 44e place
La sélection algérienne, éliminée en barrages qualificatifs à la Coupe du monde 2022, a perdu une place (44e) au classement mondial de la Fédération internationale (Fifa), publié jeudi sur le site de l'instance mondiale. L’équipe nationale recule pour la deuxième fois de suite, après avoir glissé de 14 places lors du premier classement de l'année 2022, suite à son élimination au premier tour de la dernière CAN disputée au Cameroun. Dans le continent africain, l’Algérie reste toujours dans le top 10, puisqu’elle est classée à la 7e place. Dans le haut du classement, le Brésil a dépassé la Belgique. La Seleçao déloge les Diables rouges, qui occupaient la première place depuis le mois d'octobre 2018.
Le message de Mandi au peuple algérien
Le défenseur des Verts, Aïssa Mandi, s’est adressé aux Algériens sur son compte Twitter pour exprimer toute sa tristesse de ne pas avoir relevé ce dernier défi pour aller en Coupe du monde 2022. Bien que le joueur soit abattu moralement, il ne baissera pas les bras pour autant et estime qu’il faut faire une analyse profonde pour ne pas avoir à revivre ce genre de scénarios. Terminant par un Tahia El Djazaïr, Mandi veut que l’EN se relève et regarde vers l’avenir, surtout que la CAN 2023 est pour bientôt. «Après ce moment difficile et cruel, j’aimerais vous remercier pour tous les messages et votre soutien inconditionnel. Je suis tellement triste de ne pas vous rendre heureux et de ne pas avoir atteint notre objectif. Malgré tous les efforts, c'est une énorme désillusion de ne pas vous représenter à la Coupe du monde. Nous sommes tous déçus et abattus et cela va être dur à accepter mais restons unis comme nous l’avons été ces dernières années. Après cet échec, il est important d’avoir une réflexion et une analyse de cette situation afin de préparer le futur. L’équipe nationale se relèvera comme toujours car ce peuple le mérite. Tahia El Djazaïr !».
Arbitrage scandaleux de Bakary Gassama
La FAF introduit un recours
La Fédération algérienne de football a annoncé sur son site officiel qu’elle a introduit auprès de la Fédération internationale de football un recours suite à l’arbitrage scandaleux du Gambien Gassama Bakary qui a faussé le résultat du match barrage retour Algérie - Cameroun. Selon le communiqué, la FAF est déterminée à user de l’ensemble des voies légalement permises pour se faire rétablir dans ses droits et rejouer la rencontre dans des conditions garantissant l’honnêteté et l’impartialité de l’arbitrage. La FAF demande également l’ouverture d’une enquête par les organes de la Fifa pour faire toute la lumière sur l’arbitrage du match Algérie - Cameroun.
Trop, c'est trop... deux revers en moins d'une année
Charaf Eddine Amara, président de la FAF, a fini par présenter sa démission lors de la réunion extraordinaire du Bureau fédéral. C'est un geste qui honore son auteur dans la mesure où la culture de la démission n'est pas ancrée chez les gestionnaires algériens, notamment ceux du football.Le mandat du désormais ex-homme fort de la fédération a été marqué par deux échecs cinglants de l'équipe nationale. Durant son mandat, les Verts n'ont pas réussi à défendre leur titre de champion d'Afrique, tout comme ils n'ont pas réussi à se qualifier au Mondial du Qatar. Ces deux revers sont des arguments massue pour justifier son départ, lui qui n'a pas réussi, également, à concrétiser le programme pour lequel il a été élu. Les structures qui gèrent le football continuent de vivre sous l'ère du cumul, certaines n'ont même pas réussi à organiser des assemblées pour se conformer aux nouvelles instructions de la Fifa. De plus, les scandales de l'arbitrage continuent de faire la une de notre football local. Pire encore, les sélections de jeunes sont à la traîne et la Direction technique nationale est en panne de programme. L'échec n'est pas uniquement imputable à Amara mais c'est l'ensemble du Bureau fédéral qui doit partir car il assume, tout comme son président, la responsabilité des échecs.
F. S.







