Lundi, 28 Février 2022 00:52
Il a tout déballé en conférence de presse hier
Belmadi : «Une grande bataille nous attend face au Cameroun»
La très attendue conférence de presse du sélectionneur national, Djamel Belmadi, 40 jours après la dernière rencontre des Verts à la CAN, a été une sorte d’évaluation de la participation de l’Algérie à l’événement continental. L’Algérie, tenante du titre, a raté complètement son passage à Douala, à la surprise générale. Cela exigeait des explications et c’est pour cette raison que le sélectionneur national était hier face à la presse.
Toujours dans son habituelle attitude, Belmadi a endossé la responsabilité de l’échec. «Je suis responsable de cet échec. Pour évaluer une compétition, un succès ou un échec comme celui-là, il faut prendre le temps de bien réfléchir. Il fallait voir toutes les situations et surtout visionner, à nouveau, les matches pour bien situer la tare. Même si je les ai bien en tête, il était important pour moi de bien regarder afin de sortir avec une analyse pragmatique et juste. C’est la meilleure chose pour mettre le doigt là où ça n’a pas marché. Je devais faire le bon diagnostic sur un mal, et il faut être capable de soigner ce qui n’a pas marché. Il faut savoir aussi et surtout qu’il y a des échéances importantes à venir», a expliqué en premier lieu Belmadi. Le sélectionneur national a indiqué qu’il avait l’habitude de dire qu’un succès, comme celui des trois dernières années, est une succession d’éléments favorables. «Concernant notre passage à cette compétition continentale, c’était une addition d’éléments défavorables qui ont conduit à une faillite générale. Il s’agit d’un échec dont je suis responsable et j’assume», a-t-il fait savoir, sans trop s’en étaler. «Ne me parlez pas des autres. Chacun a sa façon de fonctionner. Le début du stage, les multiples changements, notamment de la Fifa, et enfin les contraintes liées à la pandémie de Covid-19, qui a décimé le groupe. Notre réparation a été catastrophique», a indiqué le sélectionneur national.
«A la CAN, 23 joueurs sur 28 étaient contaminés au Covid-19»
La principale cause de l’échec des Verts réside dans le volet sanitaire où le coach Belmadi a révélé que cinq joueurs seulement sur 28 n’ont pas été contaminés par la Covid-19. «Je peux vous citer à titre d’exemple le cas de Youcef Belaïli, parce que tout le monde sait qu’il était testé positif et qu’il a dû observer une période de quarantaine de 10 jours à son arrivée à Doha depuis Alger et les exemples ne manquent pas», a-t-il souligné, avant de citer le cas de son adjoint, Serge Romano. «Il n’a pas pu non plus nous rejoindre et je peux vous dire que la moitié du staff, dont moi-même, ainsi que la moitié des staffs de sécurité, administratifs étaient touchés et il fallait jongler avec les règlements. On n’a jamais eu une séance avec l’ensemble des joueurs. Moi-même je n’ai pas pu diriger toutes les séances avant de rejoindre le Cameroun», a révélé Belmadi.
«Il y a eu un manque d’efficacité»
Le sélectionneur national a étalé les chiffres de son équipe lors de la CAN 2021, qui étaient en-dessous des attentes, même si certaines statistiques, comme la possession du ballon, les actions de but, les passes… étaient largement en faveur de son équipe. Néanmoins, c’est le manque d’efficacité, particulièrement lors des deux premières rencontres, qui a été fatal aux Verts. «Je n’ai jamais vu ça et je n’arrive toujours pas à me l’expliquer. Cela dépasse même mes capacités. Avoir autant d’occasions, de possession… en règle générale, ce sont des matchs qui se terminent par au moins 2-0, mais c’est le contraire qui s’est produit. Je n’arrive pas à me l’expliquer», a souligné le coach.
«Le match de la Côte d’Ivoire, le plus mauvais depuis mon arrivée»
Djamel Belmadi a affirmé que son équipe avait réalisé son plus mauvais match face à la Côte d’Ivoire, depuis qu’il a pris en main les Verts. Il explique cela par de nombreuses contraintes. Zerrouki qui revient alors qu’il n’a pas joué depuis le début, Bennacer qui manquait de compétition. «Nous avons fait un bon début de rencontre et nous avons touché le poteau et deux minutes après, nous avons encaissé un but. Puis un second but qui nous a fait très mal. On prend l’eau par la suite au milieu où on était rapidement en difficulté. En résumé, c’est la plus mauvaise mi-temps depuis que je suis à la tête de l’EN», a précisé le coach national. Autre point souligné par Djamel Belmadi, celui de la participation de certains de ses éléments à la Coupe arabe.
«Le succès en Coupe arabe a pesé»
Le coach des Verts a indiqué que la victoire en Coupe arabe a pesé sur l’état d’esprit des joueurs. «Emotionnellement, les joueurs étaient vidés. C’était difficile de repartir et d’enchaîner sur une autre compétition à haute intensité. Cela demandait beaucoup de force morale. J’étais obligé de faire jouer, mais avec une gestion de temps de jeu. Je ne pouvais pas dire à Madjid (Bougherra) : "Youcef ne joue pas face au Maroc". Je savais aussi que dès qu’on allait passer les quarts de finale, ça allait être ingérable. Certains joueurs sont arrivés lessivés physiquement et moralement», a reconnu le coach.
«Moi et d’autres joueurs actuels n'avons jamais participé à un Mondial»
Le coach a mis en exergue l'importance de la qualification à la Coupe du monde au Qatar pour les joueurs de l'équipe nationale, à l'instar du capitaine Riyad Mahrez. «Les deux prochains matches contre le Cameroun sont une priorité pour moi et pour les joueurs. Moi et beaucoup de joueurs actuels n'avons jamais participé à la Coupe du monde, et d'autres joueurs sont devant leur dernière chance. Pour Mahrez, par exemple, atteindre la Coupe du monde est la priorité. Compte tenu de tous ces détails, nous aspirons tous à nous qualifier pour la Coupe du monde au Qatar, mais avant cela, une grande bataille nous attend», a-t-il avoué.
Affaire Delort
«Nous n’avons pas de Zorro dans l’équipe»
A propos du cas d’Andy Delort, qui espère l’indulgence du coach Belmadi pour revenir en sélection, le premier responsable des Verts est catégorique : «Il ne connaît pas l'histoire de cette équipe. L'équipe nationale n'a pas été créée pour Delort. Il ne savait pas comment mener sa carrière professionnelle, j'ai une confiance totale en les joueurs actuels et nous le ferons. Je sais de quoi je parle. Je sais que cette déclaration devrait lui parvenir pour qu’il sache que des hommes se sont sacrifiés pour cette équipe nationale. Et s’il ne le savait pas, qu’il aille demander à Maouche. Il a également reparlé de son expulsion : "Il a offensé l'équipe nationale et nous n'avons pas de Zorro en sélection. Mahrez a eu une mauvaise période, mais il est resté fidèle à l'équipe nationale. Je n'ai aucune animosité avec lui. Mais il n'a pas pu mener bien sa carrière», a-t-il souligné.
W. D.







