Le sacre doit nous pousser à faire mieux encore : Champion oui mais ne dormons pas sur nos lauriers
Lundi, 20 Décembre 2021 02:06

Le sacre des Verts est mérité et il est le résultat d'un travail engagé depuis l'arrivée de Belmadi à la tête de l'équipe nationale. Ce dernier a inculqué un nouvel état d'esprit au joueur algérien et Bougherra n'a fait que confirmer cet état de fait. Certes, sur le plan du comportement au niveau de la surface technique, au moment du match, Belmadi et Bougherra diffèrent mais sur le plan coaching et grinta qu'ils insufflent aux joueurs, ils se rencontrent sur plusieurs points. Cela confirme qu'ils suivent le même mode opératoire et la même logique dans la gestion de l'avant, pendant et après-match. Coach «Bougui» avait la rage de vaincre qu'il avait laissée s'exprimer en tant que joueur lors du match épique d'Oum Dourman, mais en s'associant à Belmadi qui a lui aussi un tempérament de gagneur, le résultat ne pouvait être que la victoire.
Pour plusieurs, le calme que dégageait Bougherra lors des moments forts de la domination de l'adversaire durant le match intriguait. Même ses choix tactiques ou de joueurs laissaient parfois perplexe, mais au final, il finissait par avoir raison, puisque l'équipe est passée du statut de simple faire-valoir, à candidat au sacre, avant de devenir favori puis champion.
Maintenant que la sélection nationale des joueurs locaux a montré qu'elle avait du cran et qu'elle peut dire son mot et surtout servir de réservoir à l'équipe A, il faut lui donner toutes ses lettres de noblesse. Il ne faut pas la mettre dans les tiroirs, en attendant les prochaines échéances. Il faudrait lui définir une stratégie, des perspectives et des objectifs. Ses joueurs ont montré qu'ils peuvent prétendre à plus, une place en équipe A. Il faut maintenant leur donner cette chance et ne pas faire de ce sacre une simple ligne dans le palmarès du football algérien. L'avenir doit appartenir à ces jeunes joueurs qui ont démontré qu'ils ont du cran, du talent et la rage de vaincre. Faisons de ce sacre l'occasion d'aller encore plus loin car la phase finale de la CAN, le match barrage pour la qualification au Mondial de Qatar sont à un jet de pierre. Merci à ces jeunes joueurs qui ont gagné le droit de voir encore plus loin. Ils seront, à l'occasion du prochain mercato hivernal, des cibles de choix pour les recruteurs qui sont séduits par leur talent.
Une occasion pour réhabiliter notre football
Le sacre de la bande de Bougherra doit pousser les responsables du football national à changer le regard qu'ils portent sur le championnat local. Plusieurs clubs, malgré les difficultés qu'ils vivent, produisent des pépites qui peuvent monnayer leur talent ailleurs. S'ils changent d'air, ce n'est pas la faute aux clubs mais à notre championnat qui est miné par plusieurs maux. Il faudrait engager un véritable travail de réhabilitation car un championnat sans stade aux normes internationales, des clubs sans une structuration sensée et responsable ou encore un secteur gagné par la corruption et l'argent sale ne permet pas aux jeunes talents de s'exprimer ni à nos équipes nationales de continuer à briller.
Il est temps que les choses changent, que les mentalités changent car aujourd'hui il s'agit plus que de défendre un statut. C'est l'avenir de notre football local qui devrait être aujourd'hui au centre du débat.
Le football, c'est aussi les infrastructures
Le Qatar a réussi sa Coupe arabe et il a montré de sérieuses garanties à réussir le Mondial 2022. Si sur le plan organisation le ton est déjà donné, sur le plan des infrastructures c'est la cerise sur le gâteau. Les stades qui ont abrité cette édition de la Coupe arabe sont une merveille. Les pelouses sont impeccables et les conditions d'accueil du public remarquables. Tous ceux qui ont assisté aux matches ont affirmé que dès leur arrivée au stade, ils sont pris en charge, dirigés vers les tribunes et installés dans les meilleures conditions. Et si nous voulons que notre football progresse, il faut mettre le paquet sur les infrastructures. Actuellement, le pays compte une dizaine de terrains qui sont réalisés à un rythme poussif. L'exemple le plus frappant est celui d'Oran dont les travaux ont été lancés en 2004 et qui n'a pas encore ouvert ses portes. Ceux de Tizi Ouzou, de Douéra ou encore de Baraki sont réalisés au rythme du "douga-douga" le matin, pas trop vite le soir. Pire encore, l'équipe nationale ne trouve même pas une pelouse impeccable pour jouer ses matches. Il faut insister sur les infrastructures car il est passé le temps où on courait derrière un ballon sur un terrain en tuff. Aujourd'hui, il est devenu science et technologie et les Qataris nous ont mis plein la vue.
Le sacre de l'équipe nationale doit servir de stimulant pour aller de l'avant et non de soporifique qui va nous pousser à dormir sur nos lauriers. Certes, nous sommes champions, mais il faudrait aujourd'hui travailler pour le rester et surtout pour bonifier encore plus notre football qui s'apprête à défendre sa couronne africaine et surtout à se battre pour gagner le droit de figurer parmi la crème mondiale au mois de novembre prochain au Qatar.
F. S.
