Jeudi, 18 Novembre 2021 09:22
Ils paraissaient fébriles et manquant d’assurance face au Burkina
Le match le plus compliqué pour les Verts
L’équipe nationale a réussi à arracher son ticket qualificatif à l’étape cruciale, les matches barrages du mois de mars 2022, qui détermineront, en deux rencontres (aller et retour), les équipes qui seront présentes au Qatar, à partir du mois de novembre de l’année prochaine.
Les camarades de Mahrez, ayant évolué loin de son niveau, ont réussi le pari, dans la difficulté et sans convaincre, certes, mais ils ont assuré l'essentiel car l’objectif étant de se qualifier au 3e et dernier tour des éliminatoires de la Coupe du monde 2022. Les retrouvailles entre les Verts et leurs supporters au stade Mustapha-Tchaker de Blida ont été fructueux, certes, mais il y avait un goût d’inachevé, puisque l’équipe nationale a eu des frissons jusqu’à la dernière minute de la rencontre, comme ce fut le cas entre les deux nations au match barrage des éliminatoires de la Coupe du monde 2014. La présence de plus de 14 000 supporters n’a pas été favorable à l'équipe nationale devant des Etalons loin de vouloir offrir la qualification aux camarades de Bennacer. Sur une pelouse grasse et à la limite du praticable, en raison des pluies abondantes qui se sont abattues en 24 heures, les champions d'Afrique ont eu du mal à maîtriser le jeu et faire valoir leur technique. D’ailleurs, lorsqu’on voit des joueurs comme Mahrez ou encore Belaïli rater leurs gestes techniques, cela prouve que les Verts avaient du mal à se retrouver sur une pelouse très difficile. Malgré cela, l'équipe nationale est parvenue à trouver la faille grâce à un Belaïli qui a fait la différence, le ratage de Bounedjah, qui a profité au capitaine Riyad Mahrez, au deuxième poteau, pour crucifier le portier burkinabé à bout portant. Malgré cette avance, les Algériens n’avaient pas la maîtrise du sujet. D’ailleurs, le ratage de Mahrez, qui aurait pu faire le break, mais qui a préféré remettre le ballon à Bounedjah, a donné des ailes aux Burkinabés, qui ont réussi à remettre les pendules à l'heure grâce à Zakaria Sanogo, profitant d'un flottement de la défense algérienne.
En deuxième période, Belmadi a apporté un changement tactique, en incorporant Feghouli à la place de Bounedjah, passant en 4-3-3, une manière d'apporter du renfort au milieu de terrain en difficulté. Les visiteurs sont montés d'un cran, réussissant à se procurer deux occasions au bout de dix minutes de jeu, au moment où les Algériens manquaient cruellement de certitude. Alors que le Burkina Faso a réussi à faire douter les Algériens, Belaïli, en feu, a de nouveau surgi sur son côté gauche fétiche pour servir le rentrant Feghouli qui, du plat du pied, a redonné l'avantage aux Verts. On se disait que le match était dans la poche, mais encore un flottement défensif a permis aux visiteurs d’obtenir un penalty, suite à une faute de Benlamri dans la surface, offrant l’occasion au capitaine Issoufou Dayo de faire durer le suspense. Les Algériens ont connu les 10 plus longues minutes depuis l’arrivée de Belmadi à la tête des Verts. Ces derniers ont évolué la peur au ventre jusqu’au coup de sifflet final sur ce score nul, suffisant au bonheur des Algériens. Il s'agit de la première contre-performance concédée à domicile par l'équipe nationale en match officiel, sous l'ère Belmadi. En attendant le mois de mars et la double confrontation des barrages du Mondial 2022, l'EN se tournera désormais vers la préparation de la Coupe d'Afrique des nations au Cameroun (9 janvier - 6 février 2022).
Mandi : «Merci à nos supporters»
Le défenseur central de l'équipe nationale, Aïssa Mandi, a remercié les supporters présents au stade Tchaker. Le joueur algérien a également reconnu que son équipe avait rencontré un grand adversaire, difficile à jouer. «Le Burkina Faso a joué toutes ses chances pour nous battre et se qualifier. Nous nous sommes bien préparés pour le match et nous savions ce que nous faisions. Au final, le plus important était de nous qualifier. Les supporters étaient notre 12e homme. Cela nous a énormément motivés pour nous qualifier, surtout dans les mauvais moments du match. Nous ne voulions pas nous rater et surtout pas décevoir le peuple. C’était difficile, mais l’important était la qualification», a indiqué le joueur.
Les excuses de Benlamri
Benlamri a reconnu qu’il n’avait pas joué son meilleur match et a tenu à s’en excuser auprès des supporters. Sur son compte officiel Instagram, il a adressé un message aux supporters algériens où il avait écrit : "Celui qui a vécu avec nous le soir du match, connaît le sens de la peur que nous avons vécue. Nous n'avions pas peur du niveau de l'équipe, mais nous avions peur de décevoir le supporter qui achète le billet et se rend au stade le matin pour soutenir la sélection. Je vous présente mes excuses si je ne suis pas à mon niveau habituel», pouvait-on lire.
Belaïli : «J’espère rendre le peuple heureux au mois de mars»
Le maestro de l'équipe nationale et l’homme du match, Youcef Belaïli, a confirmé que la qualification des Verts pour les barrages est méritée. «Dieu merci, nous sommes qualifiés et personne ne pourra dire que notre performance n’est pas méritée, d'autant plus que nous avons affronté un adversaire de ce niveau. Cette qualification fait plaisir au peuple algérien et nous espérons le rendre heureux lors du dernier tour», a indiqué Belaïli, qui avait offert les deux buts lors du match pour Mahrez et Feghouli.
La série a failli s’arrêter
Avec ce match nul face au Burkina Faso, l'Algérie parvient à atteindre la barre de 33 matchs sans défaite et revient à quatre rencontres de l'Italie, dont le record mondial d'invincibilité de 37 rencontres a pris fin en octobre dernier face à l'Espagne (1-2), à Milan, en ½ finale de la Ligue des nations.
Meilleure attaque
Sans faire le plein en matière de points, l’équipe nationale algérienne a été contrainte au partage des points à deux reprises par le Burkina Faso (1-1 et 2-2). Cependant, l’attaque des Verts a été la plus percutante dans ces éliminatoires de la Coupe du monde. Le plus gros total sur l’ensemble de la phase de groupes. Avec 25 buts inscrits en 6 matches, les Verts dépassent le Maroc (20 buts) et le Sénégal (15 buts).
Bounedjah, deux petits buts !
Si Slimani, l’avant-centre de l’équipe nationale, a terminé la phase de poules des éliminatoires de la Coupe du monde en tête du classement des buteurs avec sept réalisations, il faut savoir que Bounedjah n’a pas été aussi fructueux. L’avant-centre des Verts n’a inscrit que deux petits buts durant ces éliminatoires. Un maigre pactole pour celui qui a été souvent décisif pour la sélection. Bounedjah avait marqué un but, sur penalty, face à Djibouti, et un deuxième devant le Niger à Niamey. En revanche, le buteur Slimani devance plusieurs autres joueurs, dont Mahrez, avec cinq buts inscrits lors des six matchs de la phase de groupes. Ayant amélioré son record de meilleur buteur de l'histoire de l'équipe nationale, vendredi au stade international du Caire face à Djibouti (0-4), il porte son total buts à 39 réalisations en 79 sélections.
W. D.
