Jeudi, 18 Novembre 2021 09:22
La qualification des Verts est le résultat d'une grosse débauche d’énergie des joueurs
Des correctifs s'imposent
L'équipe nationale a décroché le billet pour le match barrage qualificatif pour la Coupe du monde 2022. Certes, la manière n’y était pas et ce fut laborieux.
Il faut quand même savourer cette qualification car elle est le résultat d'une grosse débauche de volonté des joueurs qui ont puisé dans leurs ultimes ressources psychologiques et physiques pour passer ce tour. L'adversaire a usé de tous les artifices pour déstabiliser les Verts. Outre une guerre psychologique relayée malheureusement par certains confrères, le Burkina Faso a fait preuve d'une grosse agressivité que l'arbitre n'a pas jugée utile de réprimer. De plus, il faut reconnaître que la pelouse n'était pas facile à jouer. Détrempée, elle a poussé les joueurs à déployer des efforts pour trouver leur équilibre, jugé des trajectoires de balles ou encore pour aller à fond dans les duels pour gagner des ballons. Certes, on pourrait nous rétorquer que cette pelouse a également gêné l'adversaire, mais quand on défend, on est beaucoup plus servi par ce genre de conditions de jeu.
Les mauvais choix des joueurs
Il faut reconnaître que certains attaquants ont fait de mauvais choix tactiques en situation d'attaque. Belaïli aurait pu pénétrer dans la surface de réparation au lieu de tenter de s'appuyer sur Bounedjah et perdre le ballon. Mahrez aurait dû oser le tir vers le but au lieu de se montrer altruiste et passer le ballon à Bounedjah qui a lamentablement raté le cadre. Dans le développement des attaques des Verts, il y a eu beaucoup d'imprécision due certainement à la grosse pression dans laquelle ils ont évolué.
De plus, plusieurs mouvements offensifs ont été gâchés, en voulant rechercher plus d'accélération, par des longs centres qui ont fait le bonheur des défenseurs adverses. La petite forme de Bounedjah a handicapé le jeu offensif de l'Algérie qui devait entamer le match en 4-4-2, mais qui s'est retrouvé, au fil des minutes, avec une paire offensive amputée d'un de ses éléments et qui a dû tenter des passages forcés par les ailes, ce qui a facilité le regroupement de la défense adverse.
Un milieu manquant d'imagination
La combinaison Zerrouki - Bennacer dans la zone de récupération n'a pas bien fonctionné. Ces deux joueurs ont tenté de remplir leur mission défensive mais pour oser la construction de mouvements offensifs, ils ont lamentablement échoué. Ils n'ont pas joué le rôle de relais défense-attaque qui aurait pu déstabiliser l'organisation défensive adverse et permettre aux latéraux d'apporter le surnombre en situation d'attaque. Cela a poussé les défenseurs à catapulter de longs centres vers les attaquants pris au marquage individuel et neutralisés. Les deux récupérateurs ont donné l'impression de se marcher sur les pattes et ont gêné l'organisation défensive algérienne, notamment dans l'alignement pour jouer le hors-jeu.
Belaïli et Mahrez qui devaient jouer tout juste derrière les deux attaquants se sont retrouvés éliminés du processus de construction de mouvements offensifs par la faute des couacs constatés dans la zone du milieu.
L'entrée de Feghouli a permis à la zone de construction de retrouver de l'équilibre. Et malgré cet apport, la bataille pour le contrôle de cette partie du terrain avait tourné à l'avantage de l'adversaire. Il fallait peut-être passer à un 4-3-3 ou un 5-3-1-1, en fin de match, en faisant rentrer Zorgane comme récupérateur et décaler Zerrouki pour évoluer en sentinelle et faire rentrer Adam Ouanes ou Amoura pour garder le ballon dans le camp adverse et jouer le temps.
Des réglages sont nécessaires
La copie rendue par l'équipe nationale n'était pas parfaite. Il faut reconnaître que le match face au Burkina Faso a montré des lacunes dans tous les secteurs. Des lacunes qu'il faudra corriger avant le match barrage, décisif pour la qualification à la Coupe du monde.
En défense, il est temps de trouver une solution pour la fébrilité de la charnière centrale. Mandi et Benlamri ont commis des erreurs de coordination dans leurs mouvements et placements. Mandi traverse une mauvais passe en club, lui qui n'est même plus convoqué par Unai Emri, alors que Benlamri paye le prix de la faiblesse du championnat dans lequel il évolue. Le staff national devrait trouver d'autres combinaisons pour constituer cette paire. Dans la zone de la récupération, il faudrait, à notre avis, apporter un réglage au placement de la paire Zerrouki - Bennacer. Apparemment, les deux joueurs ne peuvent pas évoluer ensemble, à moins d'aligner le premier nommé comme sentinelle et donner plus de liberté en situation d'attaque au joueur du Milan AC.
En attaque, Bounedjah continue de trop s'éparpiller en rouspétant auprès de l'arbitre, ce qui l'expose aux menaces de cartons. Il n'a plus la verve du buteur, du finisseur. De plus, il ne travaille pas entre les deux défenseurs axiaux adverses, ce qui ne permet pas d'ouvrir des espaces dans la zone de vérité. La faute est au championnat dans lequel il évolue et qui ne lui offre pas l'occasion de progresser et de gagner en métier.
Belmadi doit trouver des solutions avant le match barrage où nous n'aurons que l'avantage de jouer le match retour à la maison. D'ici le mois de mars, il faut oser quelques changements en matches amicaux pour trouver la bonne formule et ainsi redevenir l'ogre africain, craint par tous ses adversaires.
F. S.
