Samedi, 27 Mars 2021 09:49
La partie face à la Zambie fut un combat de gladiateurs
Les Verts ont allié le bon et le moins bon
L’équipe nationale a réussi à prolonger sa série d’invincibilité après son match nul face à la Zambie. Les protégés de Belmadi alignent ainsi leur 23e sortie sans la moindre défaite, une série toujours en cours et qui pourrait être améliorée face au Botswana. La partie ne fut pas facile dans un combat de gladiateurs avec des débats pipés par un arbitrage scandaleux, dans le pur style Koffi Kodjia and co.
Déjà qualifiés, les Verts se devaient de jouer par respect pour l’éthique sportive, pour améliorer leurs statistiques et surtout pour gagner en cohésion, notamment après le retour de certains éléments et l’arrivée de nouveaux. Belmadi n’a pas manqué, avant le départ d’Alger, d’affirmer que son équipe se déplacera animée du désir de réaliser un succès hors de ses bases. Pourtant, ce qu’il y a lieu de retenir de ce match, c’est qu’il est intervenu en pleine pandémie et que l’équipe nationale s’est retrouvée privée des services de plusieurs de ses éléments clés par la faute des restrictions imposées par les pays européens dans le cadre de la lutte contre la propagation de la Covid-19.
Le coach national a affiché d’emblée ses intentions en renforçant la zone du milieu où la bataille allait être dure. Ce dernier a aligné une défense ou trônaient deux latéraux (Abdellaoui et Banayada), connus pour leur jeu offensif. Dans la récupération, il s’est appuyé sur la vélocité de Guedioura et sur l’abattage de Mehdi Abeid, alors que l’animation a été confiée à Ghezzal et Belaïli. En pointe de l’attaque, il a aligné deux avants-centres, Slimani et Bounedjah, qui sont en pleine réussite dans leurs clubs. Cette organisation a d’ailleurs étouffé les Zambiens qui ont encaissé, avant l’heure de jeu, deux buts sur des éclairs de Slimani et Ghezzal. Et c’est à partir de ce moment que l’arbitre a commencé son jeu de sape du moral des Algériens. Il a fermé l’œil sur les agressions perpétrées par les joueurs adverses et accordé un penalty plus que généreux aux Zambiens.
L’Algérie maîtrisait bien son sujet et parvenait à presser haut, ce qui lui avait permis de limiter le danger des coéquipiers de Phiri et surtout de porter le danger devant. La sortie sur blessure de Ghezzal a déstabilisé ce système qui n’a pas bien fonctionné après la rentrée de Soudani qui manquait de compétition et qui n’arrivait pas à coordonner ses mouvements avec Benayada dans le couloir droit.
Belaïli et Bounedjah hors du coup sur le plan physique
La sortie à Lusaka a permis de voir des joueurs de l’équipe nationale qui sombrent très vite dans l’énervement quand des conditions hostiles se présentent. De plus, elle a permis de découvrir que des joueurs sont loin de leur niveau, notamment ceux qui évoluent dans des championnats du Golfe. M’bolhi, malgré les arrêts décisifs qu’il a réalisés, s’est montré fébrile. Belaïli n’a pas fait étalage de la panoplie de gestes techniques qu’on lui connaissait. Il a même paru hors du coup sur le plan physique, alors que Bounedjah a passé le plus clair de son temps à palabrer et à contester les décisions de l’arbitre. C’est dire que sur le plan volume de travail, la différence était évidente sur le terrain. Slimani, Benlamri, Tahrat ou encore Ghezzal, avant sa sortie, qui évoluent dans des championnats européens, ont affiché une fraîcheur physique qui renseigne sur la qualité du travail qu’ils sont en train de réaliser dans leurs clubs respectifs, contrairement aux autres qui ont donné l’impression de terminer le championnat sur les genoux.
Un 4-3-3 pour maîtriser la zone du milieu
L’engagement des Zambiens et l’arbitrage qui commençait à peser sur le moral des Algériens a poussé Belmadi à changer de système pour desserrer l’étau adverse et repousser le bloc zambien. En incorporant Zerrouki et Belkebla à l’heure du jeu, et plus tard Boulaya à la place de Bounedjah, il a opté pour le 4-3-3, qui lui permettait de dresser un premier rideau défensif, grâce au pressing des attaquants (Soudani, Slimani et Belaïli). Ce schéma tactique a permis de limiter le danger des attaquants adverses. Toutefois, manquant de cohésion et surtout de fraîcheur physique, les attaquants, hormis Slimani, n’ont pas pu supporter les rigueurs du pressing haut. Ils n’ont pas pu supporter la cadence et ils n’ont même pas pu jouer en contre pour tenter d’assommer leur adversaire qui se ruait en attaque, laissant des boulevards dans sa défense.
Arbitrage scandaleux et environnement hostile
Ce match nous a permis de découvrir un Slimani transcendé par l’expérience acquise en Europe. Tantôt passeur et tantôt buteur, il a été un véritable poison pour la défense par son flottement au niveau de la charnière centrale pour gêner la progression du ballon. On a également découvert le talent et la vista de Ghezzal, actuellement classé meilleur passeur décisif dans le championnat turc et même sur le plan européen, tout juste derrière le Barcelonais Messi. On a également apprécié le bon match des latéraux Benayada et Abdellaoui, même si ce dernier devrait à l’avenir se projeter plus vers l’avant, en allant percuter au lieu d’user d’un jeu trop latéral. La défense par contre a connu le bon abattage de Benlamri, même si elle a manqué de cohésion, notamment sur le but zambien quand trois joueurs s’étaient retrouvés libres, sans marquage, face à M’bolhi. L’absence d’Aïssa Mandi semble avoir pesé sur la cohésion de ce secteur de l’équipe. Dans le moins bon, on notera le petit match de Belaïli et Bounedjah qui nous avaient habitués à mieux ou encore la fébrilité de Guedioura qui était loin de son rendement habituel. Toutefois, il faut reconnaître que le match s’est déroulé dans des conditions spéciales, marquées par un arbitrage scandaleux et un environnement hostile, dénoncé d’ailleurs par l’entraîneur Djamel Belmadi.
F. S.







